11 mai 2016

Mercredi 27 avril, c’était soirée Pecha Kucha, organisée par Créa-france.

 

Pecha Kucha

 

Il ne s’agit ni du nom d’un Pokémon ni d’un cocktail argentin. La philosophie de cette méthode originale est la suivante : considérer que la contrainte formelle, en particulier temporelle, n’est pas un frein à l’intelligence ou un cadre qui écraserait l’esprit créatif sous le poids d’impératifs. Au contraire, le Pecha Kucha nous a montré que la contrainte peut agir comme un catalyseur d’idées et un carburant pour notre créativité. Cet « Art de bavarder » japonais est un format de présentation orale innovant, créé dans les années 1990 par un couple d’architectes européens établis à Tokyo. Le concept est enfantin : vingt Slides de vingt secondes chacune défilent successivement. Au sein de ce carcan, le terrain de jeu est vaste : l’orateur dispose d’une infinité de sujets possibles, qu’il peut aborder de nombreuses façons, en ayant recours à tous les procédés: l’humour ou le dialogue avec son auditoire, par exemple.

Durant cette soirée, chaque animateur nous a livré un trait de son caractère, un centre d’intérêt ou une activité professionnelle, bref, quelque chose qui lui est cher dans sa vie de tous les jours et qu’il avait à cœur de nous présenter. Ainsi, nous avons assisté à des performances variées, qui abordaient des thèmes allant du célibat aux câbles sous-marins, en passant par le yoga du rire, le TDAH, la culinothérapie ainsi qu’un pitch d’Andromaque.

En tant que spectateur, on est tout de suite séduit par le concept : quelque soit le jugement que l’on porte sur l’orateur et son sujet, on n’a pas le temps de s’ennuyer. On est également confronté à des thèmes totalement inédits, qui sur le papier nous sembleraient futiles ou abscons. L’intitulé en question prend une tout autre dimension grâce à la verve de l’animateur, guidée par la cadence des Slides. Nos présentateurs avaient eux aussi l’air de prendre un certain plaisir à se livrer à cet exercice de style, dont le format original renouvelle profondément l’usage du Powerpoint. Le Pecha Kucha les sauve des traditionnels exposés, interminables et souvent scolaires. La contrainte des six minutes quarante, qui filent à une vitesse peut-être parfois frustrante lorsque le sujet est complexe, a le mérite de nous obliger à aller à l’essentiel. La version très réduite d’Andromaque nous a donné à voir l’essence de la pièce, avec la déclamation de ses plus belles tirades. Le yoga du rire et la culinothérapie ont forcément été présentées de manière assez théorique, mais ont attisé la curiosité des non-initiés et renforcé l’intérêt des connaisseurs en la matière. Le TDAH et la fibre optique sont des sujets pointus, neanmoins la connaissance experte ainsi que la pédagogie des orateurs ont vulgarisé des thèmes obscurs au premier abord. Enfin, la présentation sur le célibat a été un moment d’hilarité pour tous, et constitue la meilleure preuve que l’on peut susciter l’intérêt et divertir son auditoire avec une approche décalée, dynamique et créative de son sujet.

Le Pecha Kucha a remporté l’adhésion du public à l’unanimité, compte tenu des inscriptions pour la prochaine soirée de Créa-france qui se déroulera d’ici quelques semaines. Il y aura sûrement du lourd, vous pouvez comme moi, dès à présent, choisir votre sujet. N’oubliez pas l’essentiel: vous devez simplement respecter le tempo, mais vous êtes libres de jouer la musique que vous voulez.

Arsène Le Marechal,

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